Accueil‎ > ‎Actu du club‎ > ‎

Le rugby pour les nuls qui n’y connaissent rien.

publié le 23 juin 2011 à 09:05 par Cédric Rivoalen   [ mis à jour : 9 juil. 2011 à 02:18 ]

Cette chronique a été écrite à l’intention des femmes de joueurs, parents de joueurs, et à toutes les personnes qui restent coincées à la buvette au lieu de supporter le 

R.C .Plabennec… ;-) et à toutes les autres naturellement.


 

La Coupe du Monde approche et vous ne comprenez toujours rien au rugby ? Ce n’est pas bien grave, de toutes façons vous êtes probablement trop fainéants pour vous lever à 5h du mat et regarder les matchs. Si ce n’est pas le cas, le RCP  vous offre un petit cours de rattrapage…

 

C’est bientôt les vacances et celles-ci vous ne les avez pas volées. L’intégralité de vos RTT y est passée ainsi que quelques avantages en nature. Cependant on ne peut pas dire que vous partez l’esprit libéré. En effet, le mois de septembre vous obsède déjà. Vous en avez des sueurs froides. Des insomnies passagères. Vous sentez l’étau se resserrer. Dans quelques mois vous allez devoir faire face aux réveils matinaux, aux conversations technico-tactiques interminables autour de la machine à café, aux pronos endiablés avec argumentation à l’appuie, et autres calculs scientifiques à base de bonus offensifs. Oui, la Coupe du Monde de Rugby approche à grand pas et il vous faut une mise à niveau urgente avant ce grand événement, au risque de devoir révéler à tout votre entourage la triste vérité concernant la médiocrité de vos connaissances rugbystiques.

 

Le Rugby parlons-en ! Vous avez déjà vu des bouts de match par ci par là mais jamais assez pour vous faire une idée précise des règles. En général vous changez de chaîne quand le journaliste au bord du terrain intervient pour la troisième fois pour dire que l’herbe est verte, que le vent souffle et que le joueur qui vient de quitter la pelouse sur une civière n’a qu’un léger trauma crânien. Et puis voir des athlètes aux mensurations démesurées courir, s’attraper et se grimper dessus ne vous a jamais réellement excité. Mais voilà le temps presse et il ne vous reste plus que 3 mois pour faire la distinction entre un coup d’envoi et un renvoi aux 22, un coup de pied par-dessus et une chandelle ou encore un coup de pied rasant et un coup de pied dans la gueule. Si vous êtes désespéré(e)s et que vous avez beaucoup de temps libre, cette chronique est faite pour vous.



 Partie 1


Préambule : Principe et Origine du Rugby

 

« Le Rugby est un sport qui se joue à 15 contre 15 avec plein d’arbitres, à la mi-temps il pleut et à la fin c’est les anglais (ou le Stade Toulousain quand il n’y a pas de doublons) qui gagnent ». Si vous avez compris ça, vous avez tout compris au Rugby. Enfin presque. Il vous reste seulement à comprendre comment il faut faire pour gagner un match ; mais ceci n’est qu’un détail… Donc avant de rentrer dans LE détail, un petit peu d’histoire pour pouvoir se la péter un peu.

 

Hum, hum, nous sommes en 1823 dans la ville de Rugby, petite bourgade du pays de Warwickshire situé au centre de l’Angleterre. La scène se déroule au Collège de Rugby où se dispute un match de football très important puisqu’il compte dans la moyenne du troisième trimestre. Ce match oppose les chasubles rouges de la classe de Mlle Owen contre les roux irlandais abandonnés par leurs parents. Le ciel est menaçant et la lumière ne filtre qu’à peine derrière les nuages noirs qui viennent du nord colorant la terre, les lacs, les rivières. C’est le décor de ce match qui changera le cours de l’Histoire. En effet, alors que l’on semble se diriger vers un terrible 0-0 synonyme d’échec scolaire pour ces 22 jeunes gens, un éclair de génie vînt illuminer la rencontre. Le jeune WWE (ou William Webb Ellis pour les intimes), frustré de voir toutes ses frappes à ras-le-terre freinées par le terrain innocemment gras, décida de retirer sa chasuble (il recevra une amende de la FIFA pour ce geste), porta l’ingrat ballon rond dans ses bras ébouriffés, raffuta le dernier défenseur et s’en alla pointer le premier essai de l’histoire au nez et à la barbe rousse du gardien adverse. L’arbitre siffla main. WWE fût expulsé. Le Rugby était né.


           

Les anglais mirent ensuite une vingtaine d’années pour se rendre compte que le Rugby avait le potentiel pour devenir une activité drôlement fun (enfin drôle ça dépend pour qui…) et ils décidèrent d’en créer les règles. Bon je ne vous cache pas que c’est à partir de là que tout a basculé. Dieu seul sait ce qui a bien pu se passer dans la tête de ces maudits Britanniques mais alors tout y est passé : mêlée, ruck, pack, pick&go, drop, tee, arbitrage vidéo…TOUT ! Mais j’oublie le plus beau, l’objet coupable de toutes les détresses humaines, capable de réduire à néant le plus parfait des coups de pieds ou de rendre fou le plus expérimenté des arrières, également responsable de nombreux suicides collectifs à travers le monde : l’Ovale ! A ce jour nous ignorons toujours le comment du pourquoi de sa création (je parle toujours du ballon hein) mais d’après un document que m’a remis un informateur secret au Kremlin après avoir menacé de remettre Pierre Salviac au commentaire, c’est uniquement pour faire chier.

 

Après ce petit intermède historique, passons maintenant aux principes même du Rugby.

 

Prenez un papier, un crayon, ouvrez les guillemets et notez : « Le Rugby est un sport viril mais correct, qui se joue sur un terrain rectangulaire avec à chaque extrémité du terrain des perches en forme de H. Les passes doivent se faire à la main et en arrière selon les règles, mais peuvent également se faire sur une même ligne (dit à hauteur) selon les puristes ou légèrement en avant selon Fabien Galthié. Le but est d’avoir plus de points que son adversaire à la fin du match même si on affronte les Anglais et même s’il pleut (les points de suture ne rentrent pas dans le décompte final même si, on aimerait que ça change) ».

 

Il existe trois façons de marquer des points :

 

  • L’essai : Saisissez-vous du ballon, avancez vers la zone d’en-but adverse et, une fois à l’intérieur, écrabouillez la gonfle au sol avec une pression de haut en bas. Bravo, vous avez marqué un essai ! Maintenant réessayez avec, face à vous, une tribu cannibale autochtone qui aurait été forcée de manger du Special K Light pendant 9 semaines. Vous venez de comprendre la difficulté de marquer un essai. Très bien. Quelques exemples à ne pas reproduire : Caucaunibuca http://www.youtube.com/watch?v=TsfBn_PrTgQ et quelques amis à lui http://www.youtube.com/watch?v=s31hBB0UEqo … Il existe également l’essai de pénalité mais j’y reviendrai plus tard (dès que David Kerneis ou Théo Dulucq m’aura expliqué la règle…)
    • Après le ballon bien aplati et l’essai bien validé (= 5 points), il est possible d’engranger immédiatement 2 points supplémentaires grâce à la transformation qui suit. Pour cela rien de plus simple : représentez-vous mentalement une droite perpendiculaire au côté de l’hypoténuse du stade, par rapport à l’abscisse et l’ordonnée spatio-temporelle de l’endroit où le ballon a été aplati. Ensuite sur cette ligne imaginaire, le buteur de l’équipe qui a inscrit l’essai place son tee (petit support fait en plastique, sable, bois, cuir, inox, fer forgé, cendres mortuaires ou peaux d’animaux faisandés sur lequel on pose le ballon pour le maintenir en équilibre avant le coup de pied). Si le ballon passe au-dessus de la barre horizontale et entre les deux poteaux verticaux, on dit que l’essai est transformé (5+2 = 7 points). Suite à ça le public exulte, les joueurs se replacent et Guy Novès tire la gueule.
  • La pénalité : Lorsque le public crie, l’arbitre accorde une pénalité à l’équipe qui reçoit. S’il se fait insulter ou si la faute est trop flagrante, la pénalité revient à l’équipe visiteuse. Suite à cela, l’équipe non sanctionnée (ou équipe protégée) peut choisir de « tenter » la pénalité. C’est en général à ce moment là que tous les entraîneurs du monde nous proposent leur splendide imitation de Passe-partout qui vient de retrouver sa troisième clef. On prend alors le même buteur qui place le même tee (cette fois-ci à l’endroit même où la faute a été commise) mais la réussite de ce coup de pied vaut cette fois 3 points.

 

  • Le drop : Si vous êtes Anglais, Toulonnais ou  supporter du Racing-Métro 92, vous devez connaître ce geste technique. Mais siiiiiiiiiiii ! C’est quand vous n’arrivez plus à avancer en attaque, que la moitié de vos joueurs sont au sol et l’autre moitié bien au chaud enterrés sous le ruck. Devant cette situation désespérante, la solution la plus rentable (et la plus raisonnable aussi) est de droper le ballon entre les perches (un coup de pied, mais sans tee cette fois, qui se frappe après le rebond du ballon au sol) afin d’empocher 3 nouveaux points.


Partie 2


Pour cette seconde chronique, maintenant que vous connaissez les bases de ce jeu de gentlemen, je vous propose d’en découvrir les acteurs. Donc comme le suggère le XV de Rugby à XV, il s’agit d’un sport qui se joue avec quinze joueurs dans chaque équipes (et non pas deux fois sept joueurs et demi, ce qui n’aurait aucun sens). Mais qui sont ces 15 joueurs aux morphologies si différentes ? Quels sont leurs rôles, leurs vies, leurs œuvres ? Sont-ils des bêtes sanguinaires ou seulement de véloces brebis égarées sur un champ de bataille ? Ce premier chapitre tend à vous renseigner sur ces cas sociaux indispensables à n’importe quelle équipe de Rugby.

 

Chapitre I : Profession : Rugbyman / Poste : Rugbyman ?

 

Une des grandes forces du rugby c’est le fait que tout le monde puisse y jouer : les grands, les petits, les forts, les maigres, les gros, les filles, éventuellement les roux… Mais évidemment tout le monde ne peut pas jouer à n’importe quel poste. C’est votre profil qui forcera la décision.

 

Par exemple, si vous faites plus de 100kg et courrez le 100 mètres en 6min24 (ou plus)…vous êtes un Avant, un « gros » (au sens affectif bien sûr), un quintal (postes du n°1 au 8). Voici les offres d’emplois qui s’offrent à vous :

 

- Piliers (n°1 pour la « pile » gauche et n°3 pour la droite)

Vous n’êtes pas très sportif et votre déplacement manque de fluidité. Vous êtes la fierté de votre grand-mère qui s’extasie de vous voir engloutir, à chaque fois, une demi-douzaine d’assiettes de son cassoulet maison. Vos amis vous traitent de « gros sac » dans votre dos mais jamais en face. Vous êtes un Pilier mais vous avez (malheureusement) trente années de retard. Autrefois cantonnés aux épreuves de force (la mêlée fermée) et phases dites statiques (les regroupements et les touches), les piliers doivent désormais tout faire : courir, plaquer, arbitrer, simuler des blessures, répondre aux interviews, bref être des sportifs. Ce sont les baromètres de la mêlée de leur équipe, et l’ami des tout petits qui trouvent leurs visages ronds et leurs têtes « sans cous » forts sympathiques.


- Talonneur (n°2)

Vous faites un complexe par rapport à vos compères de la 1ère ligne (les deux piliers) car vous êtes plus petit et moins gros. Vous compensez tout de même par une plus grande tonicité et la faculté de savoir vous servir de vos deux mains. Vous êtes un Talonneur. Comme son nom semble l’indiquer le talonneur talonne, et il talonne tout ce qui se trouve sous ses pieds. Le ballon lors des mêlées fermées, mais aussi les joueurs adverses qui traînent dans les regroupements (ou ruck ou mêlée ouverte ou pyramide humaine ou gang bang). Il a, comme dit précédemment, de « bonnes » mains qui lui servent à lancer avec précision le ballon en touche (si ce n’est pas le cas une reconversion en pizzaïolo s’impose) ou à mettre des fourchettes à Stephen Ferris.


- 2ème ligne ou 2ème latte (n°4 et 5)

Vous faites peur aux enfants à cause de votre carrure et de votre barbe. Vous êtes le premier sollicité lorsqu’il s’agit d’aller récupérer le chat coincé dans l’arbre et on préfère vous surnommez « la poutre » plutôt que « la perche ». Vous êtes un 2ème ligne. Les deuxièmes lignes sont, selon une coutume ancestrale, les plus grands joueurs de leur équipe. Ils participent activement à la poussée lors des mêlées, déblaient dans les regroupements pour protéger ou récupérer des ballons (il n’est pas rare de les voir récupérer aussi quelques « pièces détachées »), et sautent en touche lorsque les piliers arrivent à les soulever. En revanche la possession d’un cerveau pour ce poste est facultatif, voir même déconseillée.


- 3ème ligne aile ou flanker (n°6 et 7)

Vous êtes un fantasme ambulant pour la gent féminine et le chouchou de votre prof de sport. Tout ce qui est notice et mode d’emploi n’est pas vraiment votre truc, et vous préférez prendre les gens pour des cons plutôt que de vous pliez aux règles. Vous êtes un 3ème ligne aile. Les flankers sont athlétiques, à la fois puissants et mobiles. Ils adorent plaquer : plaquer au ras, plaquer à la carotide, plaquer en l’air, plaquer en cathédrale, plaquer sans ballons, plaquer leurs petites copines et quand ils s’emmerdent ils sautent en touche ou marquent des essais. Ils aiment également les ballades en poney et faire l’amour sur la plage après certaines 3ème mi-temps bien arrosées.


- 3ème ligne centre (n°8)

Votre père est un 2ème ligne et votre mère est auvergnate. Vous faites votre footing avec vos 12 neveux sur le dos et une semi-remorque accrochée à chaque pied. Vous étiez tourneur-fraiseur dans le Vercors et on vous a fait miroiter gloire et fortune dans le Rugby. Vous êtes un 3ème ligne centre. Le troisième ligne centre est un joueur très puissant et tonique assoiffé de sang (il tient ça de son père). Il est assez technique pour un gros et aime bien aller chatouiller les petits joueurs adverses. Il adore faire semblant de pousser en mêlée ou de sauter en touche. Quand il a le temps il fait même des trucs cochons avec son n°9 derrière la mêlée (communément appelé « 89 »).

 

Voilà pour les 8 de devant (ou pack). A noter que les 5 de devant représentent la puissance de combat de l’équipe, les 2 flankers l’endurance et le n°8 le sex-appeal.


 


Maintenant si vous êtes plus rapide que puissant, que vos mains vous servent à autre chose qu’à manger et que vous avez de l’admiration pour les kamikazes japonais, il y a forcément un poste d’Arrière (ou « trois quarts ») qui vous correspond.


- ½ de mêlée (n°9)

Vous n’êtes pas très grand et votre prof de sport ne vous l’a jamais pardonné. Vous avez passé une grande partie de votre scolarité dans le cagibi au fond de la classe car la maîtresse n’aimait pas votre tête. Vous avez une joie de vivre proche du zéro absolu et vous n’aimez pas salir vos vêtements. Vous êtes un demi de mêlée ou « 9 ». Petit, rusé et véloce, le ½ de mêlée (ou « petit lutin qui gesticule dans tous les sens ») compense son manque de puissance par une agilité et une fourberie supérieures aux autres. Il est le premier maillon de la chaîne d’attaque et c’est à lui que revient le privilège de diriger le jeu de son équipe. Gueuler sur des molosses qui font deux fois son poids lui procure des plaisirs incontrôlées qui peuvent parfois aller jusqu’à l’érection quand il leur tape sur le cul. Il est le joueur qui introduit le ballon en mêlée, ainsi que le premier relayeur après une touche.

 

- ½ d’ouverture (n°10)

Vous étiez très doués au football mais votre licence vous a été retirée suite à un plaquage dangereux sur le gardien de votre propre équipe. Vous êtes photogénique quand vous faites du sport et vous avez plus d’amis sur Facebook que Barack Obama. Être le sauveur de la patrie est une idée qui vous séduit et vous possédez déjà une carte de fidélité à la clinique la plus proche. Vous êtes un demi d’ouverture ou ouvreur ou « 10 ». Aussi bien à l’aise avec ses pieds qu’avec ses mains, le demi d’ouverture est le cerveau de l’équipe grâce à une capacité d’analyse rapide (mais pas forcément efficace) et une bonne vision du jeu. Il aimerait que les phases de défense se fasse « en touché » et que les ballons de son ½ de mêlée (avec qui il forme la charnière) arrivent avant le 3ème ligne adverse. A moins que le « 9 » fasse un caprice, c’est lui qui s’occupe de toutes les phases de jeu où l’on utilise le pied.


- ¾ centres (n°12 et 13) et ¾ ailes (n°11 et 14)

Vous êtes prétentieux et vous pensez pouvoir survivre à un tsunami ou à un plaquage de Cudmore. Vous trouvez Usain Bolt rapide mais pas imbattable. Vous êtes croyant et vous pensez qu’il y a un être supérieur quelque part dans l’univers qui vous protège. Vous êtes donc un joueur de la ligne de trois quarts : trois quarts centres pour les plus costauds et trois quarts ailes (ou ailiers) pour les plus rapides. Les ¾ sont des joueurs qui jouent leurs vies à chaque ballon que leur offre la charnière. Tous les plus grands subterfuges leur sont alors autorisés pour marquer des essais : vitesse supersonique, cadrage-débordement, feinte de corps, feinte de passes (ou juste une passe pour certains joueurs). Rouflaquettes et chevelures éblouissantes font également partie des éléments de bases du parfait ailier.


- Arrière (n°15)

Vous faites tout, tout seul et vous trouvez que vous le faites bien. Vous avez hésité entre un diplôme d’ermite confirmé et une formation pour devenir jardinier dans l’armée de l’air. Vous aimez avoir des responsabilités mais pas trop. Vous êtes un arrière (ou « 15 »). L’arrière aime la solitude et les ballades aux bords du terrain. En défense, il est le dernier rempart avant la ligne d’en-but et donc celui que l’on remarque le plus lorsqu’il se troue lamentablement sur un plaquage. Parfois il reste derrière pour couvrir le terrain ou pour discuter avec les remplaçants qui s’entrainent dans l’en-but, parfois il apporte sa contribution à l’offensive de son équipe en amenant le surnombre entre les trois-quarts (on dit alors qu’il s’intercale). En gros il fait comme il veut…



Si aucuns de ces profils ne vous correspond vous pouvez toujours devenir arbitre et ainsi avoir la chance de pouvoir assister aux plus beaux matchs de rugby gratuitement. Six arbitres, six bières dans un pack. Coïncidence ? Je ne crois pas :


Arbitre de champ : Pour devenir arbitre de champ, il est obligatoire de posséder un BAFA niveau 2 ainsi qu’une solide expérience avec les enfants de 6 à 12 ans. Connaître quelques règles pour pouvoir frimer devant ses collègues de travail mais pas plus, le but étant de ne pas connaître plus de règles que n’en connaissent déjà les joueurs. En cas de problème, mieux vaut se fier aux réactions du public qu’à ses assesseurs.


Arbitres de touche : C’est comme les joueurs, les moins doués sont sur la touche. Au nombre de deux, ils assistent l’arbitre principal qui ne peut quand même pas tout voir. Ils ont pour mission de marquer les touches et valider ou non les coups de pied. Avoir une bonne vue et être du signe de la « Balance » sont les qualités principales recherchées pour un arbitre de touche.


4ème arbitre : C’est comme les joueurs, les moins endurants sont au bord du terrain. Gentil médiateur entre les entraîneurs et tout ce qui se passe autour du terrain, son rôle est d’assurer la sécurité intrinsèque des arbitres et de la sienne par la même occasion. Il valide les remplacements et réalise la feuille de match. C’est aussi lui qui cafte quand les 3ème ligne se font des câlins en douce…

 

5ème arbitre : A fortiori un emploi fictif créé par la FFR. A confirmer…

 

Arbitre vidéo : C’est comme les joueurs, les moins bons sont en tribune. Il a le rôle le plus important puisque c’est lui qui est désigné pour mettre les bières au frais. Sinon durant le match, à chaque fois que l’arbitre principal n’est pas certain de la validité d’un essai, il fait appel à ses yeux et aux 102 ralentis qu’il peut visionner tranquillement dans sa loge. Il a tout le temps pour prendre une décision dont il se fout complètement et passe le reste de la partie à grignoter des biscuits apéros et à griller des merguez.

 

C’est bon, vous êtes désormais prêt à découvrir les mille et une règles farfelues qui font la beauté de ce sport. En revanche moi, pour vous les prodiguez, je le suis un peu moins. En plus ce soir j’ai mon entraînement de bars parallèles, ça va être tendu. Le seul avantage c’est qu’il y aura sûrement Jérôme Le Velly  à l’entraînement, va pouvoir m’éclaircir sur deux ou trois petites choses…


 

Maintenant que vous comprenez un peu mieux ce sport, je compte sur vous pour ne pas faire la vulgaire erreur de crier un vieux « Pénalty !!!!!!! » à chaque plaquage ou un « GOALLLLLLLLLLLLL » à chaque coup de pied réussi, car franchement je le vivrais mal. Si vous ne voulez pas vous faire remarquer, évitez aussi les phrases du style « L’autre équipe était vraiment plus forte et mérite entièrement sa victoire ! » ou « Sorry, Good Game !». Dans le premier cas, vos absences conjuguées de chauvinisme et de paranoïa risquent d’alerter la sensibilité des amateurs de rugby les plus assidus. Pour ne pas vous griller je vous conseille un sobre « Avec un autre arbitre, on gagne le match ! ». Dans le deuxième cas, on peut vous prendre pour un Anglais et votre espérance de vie risque de décroître exponentiellement à chaque seconde. Un « Désolé, bien joué quand même J » me paraît nettement plus adapté.


Parti 3 :

 Le coup d’envoi : Formalité ou geste technique ?

 

Les coups d’envoi au centre du terrain se font :

Au début de chaque mi-temps (sauf la troisième)

Après que des points aient été inscrits au tableau d’affichage (on parle alors de « renvoi »)

Trois conditions pour qu’un coup d’envoi soit valide. Ce n’est pas compliqué : TROIS !

Le ballon doit « faire » 10 mètres.

Le ballon ne doit pas sortir des limites du terrain.

Les équipiers du joueur qui donne le coup d’envoi ne doivent pas partir avant le dit coup de pied.

Bon, entre nous, qu’un joueur parte avant le coup d’envoi… ça peut arriver ! Qui ne s’est pas pris de sympathie pour ce frêle 2ème ligne de 115kg qui, charmé par le petit clin d’œil en coin et les quelques mots doux glissés par le pilier droit adverse, entame un pas de danse chaloupé en sa direction afin de… afin de… de… de le DESTRONCHER BORDEL !!!!! Et nous c’est vrai qu’on aime ça la déstronche (du provençal « tronchon » : la tête, auquel on ajoute le préfixe latin « dés » synonyme de séparation -> séparer la tête du reste du corps. Exemple d’emploi : « Tiens aujourd’hui j’ai déstronché un escargot : il était bien bon ! »). Alors pour ce sympathique jeune homme, nous pouvons pardonner son impatience et passer outre.

En revanche là où je n’ai pas envie de passer outre, c’est pour notre demi d’ouverture, notre ouvreur, notre 10, notre kicker enfin celui qui est considéré comme le cerveau de l’équipe et qui, avouons-le, est parfois plus proche du GO que du stratège qui doit mener son équipe à la victoire. Comment ce joueur, peut-il ne pas réussir à respecter les deux conditions restantes ? Le vent ? Soleil dans les yeux ? Chaussures neuves ? Ballon sous gonflé ? Distraction féminine en tribune ? Caleçon qui rentre dans la raie des fesses ? Nous n’avons pas la réponse, mais nous espérons avoir prochainement une interview exclusive de Christophe Soulayrac afin de nous expliquer ce phénomène.

Je vous entends alors me demander « Mais qu’est-ce qui se passe si le ballon sort du terrain ou si il ne fait pas 10m ? Le fautif est exclu pour action merdique ? L‘équipe adversaire gagne le match par KO ? Ses coéquipiers ont le droit de lui latter les parties génitales à la mi-temps ? ». Rien de tout ça (enfin on ne peut pas totalement infirmer concernant la dernière question). Cependant outre le fait de se faire copieusement huer par le public et d’être cité dans ce papier, le rugbyman coupable de ce mauvais geste offre une mêlée ou une touche au centre du terrain à l’équipe adverse. Celle ci peut également être sympa et laisser l’adversaire refaire le coup d’envoi, mais ça on espère jamais le voir sur un terrain de rugby car autant le respect on aime, autant l’humiliation on trouve ça bien mais pas top.

« Et alors ? C’est grave ? C’est quoi une mêlée ? C’est comme dans Super Smash Bros Melee © ? Et la touche ?»

Je vois que tu y prends goût jeune padawan ! Mais chaque chose en son temps, car je traiterai le chapitre Touches et Mêlées (et non pas « touchés emmêlées ») la prochaine fois, alors patience Obi Wan.

En attendant je vous conseille de bien réviser cette première leçon très technique, et s’il le faut n’hésitez pas à vous mettre en condition dite de match. Prenez le ballon de rugby de votre enfant, frère, cousine ou grand oncle et mettez vous à 10m d’une zone nettement repérable (ex : les géraniums de belle-maman) tout en essayant d’éviter une autre zone nettement repérable également (ex : le jardin du voisin) et amusez vous à donner de grands coups de tatane dans ce bon vieux ballon juste après l’avoir fait rebondir (c’est-à-dire en terme technique taper le ballon « en drop »). Bien sûr nous déclinons toutes responsabilités auprès de votre belle-mère et vos voisins…et votre mobilier si vous n’avez pas de jardin.

Il existe également un autre type de renvoi : Le renvoi aux 22

A ne pas confondre avec « le renvoi au 22 » qui désigne une mutation dans les Côtes d’Armor pour faute professionnelle grave. Ici le 22 correspond à des mètres et à la ligne qui se situe à 22m et parallèle aux deux en-buts.

Ce renvoi est effectué lorsque :

Le ballon sort des limites du terrain suite à une tentative infructueuse de drop ou de pénalité, l’arbitre a un doute, Un joueur aplatit dans son propre en-but ou sort des limites de celui-ci avec un ballon rentré auparavant par l’adversaire.

 

Attention cette dernière phrase est un test, si vous l’avez comprise votre cas n’est peut-être pas si désespéré.
Pour qu’un renvoi aux 22 soit valide, le ballon ne doit pas être dropé en arrière, en touche ou que notre sympathique 2ème ligne ne parte pas trop vite. Sinon mêlée ou touche sur la ligne des 22. Mais comme écrit précédemment, ceci est une autre histoire…


 

Chapitre 3 :

La touche : chorégraphie libre ou imposée ?

 

La touche est un terme que tous les néophytes peuvent (doivent ?) comprendre puisqu’il s’utilise dans quasiment tous les sports collectifs. C’est lorsqu’une équipe sort le ballon hors des limites latérales du terrain, et que la remise en jeu revient à l’équipe adverse à l’endroit où la balle a été sortie. Mais évidemment au Rugby, comme on est bien plus intelligent que les footeux et autres sportifs taquinant la baballe arrondie, on a décidé de complexifier ce geste trop banal et de le transformer en une véritable chorégraphie artistique qui ferait rêver n’importe quelle petite fille comme Brian Joubert.

Il existe trois types de touche :

-la touche avec alignement complet- la touche avec alignement raccourci
       - la touche rapidement jouée à la main

Pour réaliser une touche avec alignement complet, il faut que tous les avants des deux équipes (enfin tout ceux qui ne sont pas sortis sur cartons ou sur civière) soient présents, plus le demi de mêlée pour leur gueuler dessus. Dans un souci de simplicité (Alléluia), c’est le talonneur qui effectue les lancés en touche et seulement lui. Face à lui, deux rangées de chevillards prêts à s’élever dans les airs pour cueillir l’ogive, l’objet métaphorique de tous les désirs éphémères. Enfin ça c’est la version écrite par Rimbaud, la réalité est heureusement plus proche de celle de Rambo. Les 2èmes lignes qui ont la chance de récupérer le ballon sont immédiatement molestés par les bouchers de l’équipe adverse, tandis que le destin qui attend ceux qui ont échoué dans leur quête est un abandon « lâche » à effet immédiat des piliers qui l’ont inutilement soulevé et qui s’accompagne généralement d’une chute parfois mortelle, mais le plus souvent ridicule.

Ensuite je ne sais pas si vous connaissez « Rugby 08 » (le jeu où Yannick Nyanga est surcoté car il est sur la pochette…. ou inversement) mais c’est très bien vulgarisé : il y a trois zones de saut : devant, au milieu et au fond; l’équipe qui a le lancé choisit une zone où le ballon va être envoyé et où son sauteur va s’élever. Si, de son côté, l’équipe adverse choisit d’envoyer son sauteur dans la même zone, elle a des chances de récupérer la gonfle (c’est-à-dire réaliser un contre). Bon ça n’a quasiment aucun rapport avec ce qui se passe dans la réalité (la touche est avant tout une question de timing et de précision) mais ça vous suffira pour suivre les commentaires avisés de Matthieu Lartot. De toute façon il n’y a pas de quoi s’enthousiasmer devant une touche, le mieux est de se taire et d’apprécier le spectacle : l’ogive du talonneur, les balais des piliers et en apothéose le « saut de la mort qui tue » du 2ème ou 3ème ligne.

Cependant, penser que la touche n’a pas d’importance serait une grave erreur. D’après Marc Lièvremont, « la touche sera LA rampe de lancement à ne pas négliger lors de la Coupe du Monde, et il faudra faire preuve de rigueur et de précision si l’on veut l’exploiter au mieux ». Apprenez cette phrase et n’hésitez pas à la ressortir lors des soirées mondaines. Votre popularité grimpera en flèche.

Pour la touche à alignement réduit c’est pareil. Mais pas tout à fait en fait. L’équipe qui a le lancé choisit le nombre de joueurs qu’elle souhaite mettre dans l’alignement, si il y en a moins de 7 on dit que l’alignement est réduit. L’équipe adverse est alors obligée d’aligner le même nombre de joueurs. C’est ainsi qu’on se retrouve avec une touche avec une seule zone de saut et un seul sauteur dans chaque équipe, autant vous dire que niveau suspens on a connu mieux. Dans ce cas précis, le timing est la clé de la réussite. « Mais pourquoi font-ils ça ? C’est cruel d’écarter du jeu ses petits camarades ! C’est encore une affaire de quotas ?». S’il vous plaît ne mélangez pas tout, les quotas on laisse ça au foot. En fait si une équipe est en difficulté sur ses lancés (si elle se fait contrer régulièrement par l’équipe adverse), elle peut choisir cette option pour « assurer » sa mise en jeu, mais en contrepartie le ballon est difficilement volleyable, le lancement de jeu perd en dynamisme et l’offensive est beaucoup moins efficace. Il y a surement d’autres raisons mais Victor Matfield n’a pas daigné me les confier…

De leur côté les Arrières, vexés de ne pouvoir participer à cette phase de jeu qui à l’air trop marrante, ont inventé la touche rapidement jouée à la main. Alors c’est très puérile de leur part mais ne pas pouvoir participer aux touches ET aux mêlées, ça ne leur a vraiment pas plu. Donc si le ballon sort des limites du terrain, qu’il ne touche aucun éléments extérieurs (panneaux publicitaires, supporters, arbitres, speakers ou Kevin Senio éternel remplaçant) et que la touche n’est pas encore marquée par l’arbitre, le joueur qui récupère le ballon (si toutefois c’est son équipe qui a le lancé) a le droit de jouer la touche rapidement avec un partenaire, un adversaire ou tout seul si c’est un arrière à tendance suicidaire.

Pour qu’une touche soit dans les règles, le lancé doit être droit (l’excuse du vent n’est acceptable qu’à domicile), le ballon doit faire 5m, les joueurs ne doivent pas circuler entre les deux alignements afin d’éviter les collisions entre deux poids lourds, et les sauteurs ne doivent pas s’aguicher euh s’agripper en l’air. En revanche on a parfaitement le droit de baisser le short d’un pilier occupé à soulever son sauteur…c’est con et inutile je sais (un peu comme cette chronique) mais ça serait un passage assuré au Zapping et puis ça permettrait de lancer au passage une très belle générale.



 Maintenant (et je m’arrêterai là pour le moment) rien ne vous empêche de supporter une équipe parce que le demi de mêlée est trop mignon, que le talonneur ressemble à votre boucher-charcutier, que le maillot rouge, jaune et noir est trop beau,  ou parce que le pilier arbore un magnifique protège-dent Hello Kitty. 

 

 


A Bientôt dans la tribune de Kerveguen !! Allez le RCP !!!

 

!! Et Bonnes vacances à tous !!

Comments